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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 18:30

Dans l'article précédent nous avions quitté Gilbert Stevenot début mai lors de son arrivée à Wiesbaden ,voici la suite

 

Gilbert commence pour vous le " sale boulot " , racontez-nous ?

 

<< ..........Après le 10 mai les épouses et enfants des officiers venaient à Wiesbaden pour une durée indéterminée. Les quartiers se vidaient assez rapidemement, mais nous avons connu quelques problèmes avec certaines personnes agées ou personnes veuves et d'autres isolées dont les maris étaient militaires. A part deux cas vécus par un ami du bureau qui avait trouvé un vieux qui s'était suicidé en se précipitant dans l'escalier, et deux autres personnes .... deux soeurs avaient tout détruit avant de se donner la mort par pendaison.J'avais même trouvé pour ces dernières une demeure, mais elles ont préféré en finir. Je me sentais responsable mais j'avais des ordres à respecter. La porte était fermée, la clef à l'intérieur et je pressentais le pire , j'ai cassé une vitre avec mon révolver et suis entré pour découvrir ce spectacle qui m'a poursuivi pendant des semaines. je suis retourné au bureau et j'ai demandé à mon ami le Capt William Brooks de me venir en aide, sans rien lui dire, je voulais qu'il sache que je faisais du "sale boulot " ......>>.

 

Vous aviez heureusement d'autres activités ?

 

<<......... Nous avions une dizaine de zones résidentielles pour les officiers dans la périphérie . Nous allions chercher des prisonniers dans un camp de Wiesbaden, pour l'aménagement des maisons, alimenter les caves en charbon, brosser les rues, tailler les arbres, entretenir les fleurs et autres corvées. tout se passait bien, ceux qui fumaient recevaient des cigarettes, du tabac ou du chocolat. Ils venaient avec leur nourriture et étaient bien considérés. Il y avait des MP qui faisaient des rondes dans toutes les zones réservées. j'étais moi-même armé d' un revolver à ma ceinture mais les Allemands ignoraient que le chargeur était vide et que le bon était dans ma poche .

Voila pour l'intendance et les aménagements . Et ce même travail je l'ai assumé pendant deux ans........ >>.

 

Quelques petites aventures vous sont arrivées pendant ses deux ans ?

 

<<........... En effet , après un dîner je rencontre un capitaine qui me salue et lui demande le pourquoi de ce salut , il me répond  << ....votre béret est celui d'un major....>> nous faisons connaissance  c'était le capitaine Bridge Levis , aide de camp de Bradley. ce fut le début d'une longue amitié. J'avais un ami un Lieutenant Français , M D, chauffeur d'un colonel qui me demandait parfois de le conduire chez une allemande à Biebrich et un beau matin avec un certain retard je sors la Citröen du parking et tombe sur le colonel qui me demande où est son chauffeur. Je lui répondit <<.....mon colonel ...votre chauffeur,n'était pas bien  hier soir et je l'ai conduit à la 317th Station Hospital et j'allais voir comment il allait.....>> . Je ne déjeune pas et me rends  de suite à Bierbich où son chauffeur m'attendait et il me dit <<.....tu as vu l'heure ? .......oui et le colonel aussi !!!! je lui ai dit que tu étais malade et hospitalisé ......mais ça ne vas pas !!!!!! ......bon je te conduis à l'hôpital et on viendra te voir à midi .....>> . Je l'introduis à l'hôpital et j'explique en anglais qu'il ne comprenait pas bien .Il fût  quand même admis pour examens . Je le quitte et reviens chez le colonel qui lisait le Star and Stripes en m'attendant et lui dit que l'on avait fait une prise de sang pour analyse à son chauffeur .Après le déjeuner je le conduis à l'état-major pas loin de notre bureau et lui dit que je reviendrais à midi pour aller voir son chauffeur . C'est ainsi que notre brave chauffeur  était dans le département " off limits" des maldies vénériennes . Il y est resté plus d'un mois et j'allais le voir de temps à autre.

Entre-temps j'étais devenu le chauffeur d'un colonel français du nom de Duhazé , chef de la mission française au 12th Army Group.....>>

 

Gilbert à Wiesbaden vous avez eu la chance de cotoyer souvent des officiers ?

 

<<.......En mai 1945 le Général Omar Bradley était à la tête de plus de 900 officiers , cette force exédait les effectifs d'une division d'infanterie . A cette date il était étonné d'apprendre que plus de 1000 sacs postaux étaient manipulés dans les différents états-majors, à Londres, en France, en Belgique, le Billeting Office me confrontait chaque jour à des officiers supérieurs, mais ce n'est que bien des années après que je me suis rendu compte de ce privilège. Tous ces grands chefs militaires étaient d' un abord chaleureux et d'une grande simplicité. Nous avons meublé la villa du Général bradley, Julius strasse n° 4, pas loin du Kurhaus et avec le Cpt William Brooks, responsable du logement, nous avons eu l'occasion de voir à plusieurs reprises ce grand chef et d'échanger quelques propos sur notre travail qu'il considérait très important pour ses hommes. Considérait- il que le 3 juin 1944 il avait été promu Brigadier Général et que les trois autres étoiles étaient accordées pour une durée de 6 mois ? Mais il aimait de dire que sa premiére étoile lui assurait au moins une place inamovible au cimetière militaire d'Arlington .

 

Merci Gilbert ......à suivre " de la capitulation de l'Allemagne à aujourd'hui "

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Published by Claude Timmermans - dans temoignages
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commentaires

DUHAZE Sandrine 21/11/2011 17:57

mon grand-père, Félix, Ernest DUHAZE, refusa de rendre son arme, il avait perdu son père lors de la première guerre mondiale, il fut déporté à Buchenwal, il y resta 2 ans, puis parvint à s'enfuir,
accueilli par une famille allemande, celle-ci fut dénoncée et tuée, il reprit la cavale, arriva à moitié mort à Paris, hospitalisé au Val de Grace, il sauta par la fenêtre des toilettes du 2em
étage, il rejoignit le maquis, fit sauter des dépôts de munitions allemands quant à ma grand-mère, elle gardait des munitions sous le lit, et si les gendarmes fouillaient, elle avait pour ordre de
tout faire sauter, un jour, je me rendis compte qu'il avait un numéro sur la bras, ma grand-mère m'expliqua tout, lui était traumatisé à vie, les horreurs indéfinissables, abat-jours,
porte-feuilles, sac à main, en peau humaine, et j'en passe.

Claude Timmermans 21/11/2011 18:33



Bonjour , j'aimerais dans le futur faire un article sur votre grand -parents seriez -vous d'accord de m'envoyer leur histoire .


voici mon adresse e-mail claude.timmermans@skynet.be .


merci d'avance



Pascal du 38 24/07/2011 17:21


Bonjour Claude, j'attend impatiament la suite, à bientôt , et bon week-end.


Claude Timmermans 25/07/2011 07:20



Elle arrive bientot , merci de ta viste



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